Cet article est évidemment non exhaustif et vise simplement à dissiper quelques erreurs fréquentes sur le libertarianisme.
D’autres suivront sans doute pour compléter celui-ci. Quand on tient aux principes de la Liberté, on ne peut laisser l'erreur l'emporter sur la vérité.
❌ Erreur N°1 : “La société libre des libertariens mènerait à la loi du plus fort.”
Le libertarianisme repose sur le droit naturel et la souveraineté de chaque individu. Chacun est libre d’utiliser ses ressources et est tenu de respecter le principe de non-agression envers autrui.
Au contraire, la "loi du plus fort" exige la présence des moyens politiques et de la coercition. On est fort par le monopole étatique de la violence. Dans une société libre, la protection et l’arbitrage seraient assurés par des agences en concurrence.
En réalité, cette critique si répandue vient d’une difficulté à envisager une société civilisée sans force monopolistique. Nous n'avons simplement jamais appris à penser hors de l'État.
❌ Erreur N°2 : “Les libertariens détruiraient les services publics et rendraient la vie encore plus dure pour les individus précaires.”
C'est en partie vrai ! En société libre, il n’y aurait en effet aucun service public car la propriété serait strictement privée. Pourtant, cela ne rime pas un instant avec pénurie de biens/services pour qui que ce soit.
Commençons par rappeler que sans fiscalité ni réglementation, le pouvoir d’achat augmenterait naturellement pour tous.
Par ailleurs, l’absence de services publics ( = d'impositions publiques) n'annulerait pas le principe de l’offre et de la demande. Il existe indépendamment de l'État et oriente constamment les prix sur le marché.
Ainsi, les entrepreneurs répondraient à tous les besoins exprimés pour réaliser des profits (santé, sécurité, etc.). Les services autrefois "publics" deviendraient simplement privés, en s'adaptant aux différents besoins et moyens du marché.
Ce poncif présuppose d'entrée de jeu que le marché rend la vie chère et que seul l'État peut servir les moins fortunés. Rien n'est plus faux ! C'est depuis toujours le marché qui sort les plus fragiles de leurs conditions de vie précaires.
❌ Erreur N°3 : “Les libertariens sont des utopistes parce que leur société n’a jamais existé et n’existe toujours pas.”
Répondons en deux points, d’abord via les principes puis sur l’histoire.
1. Juger le libertarianisme par l’histoire est une erreur classique. Une théorie sociale se construit par des principes qu'on découvre par la raison, non par un prisme empiriste.
L’abolition de l’esclavage paraissait être une "utopie" tant qu’elle ne fut pas réalisée, non ?
Je rappelle par ailleurs que nous vivons déjà comme si nous étions libres. Les échanges humains civilisés n'ont rien d'utopiques. Ils sont partout dans nos vies.
2. Même sur le plan historique nos contradicteurs sont bien peu renseignés. Intéressez-vous à l’Islande médiévale, à l’Irlande celtique, à certaines régions de l’Ouest américain, à la République de Cospaïa ou à l'Acadie en Nouvelle-Écosse.
Ces quelques exemples illustrent les principes qui sont les nôtres. C'est TOUJOURS dans ce sens : principes, illustrations. Pas l'inverse, messieurs les empiristes. À moins que vous ne souhaitiez jamais faire progresser l'Humanité par la raison ?
❌ Erreur N°4 : "Les libertariens rejettent la dimension morale de la vie et se limitent à l'analyse économique."
Le libertarianisme s’appuie sur la souveraineté individuelle, le principe de non-agression et en ce sens il constitue en lui-même une éthique minimale.
Alors certes, le libertarianisme ne s’embarque pas dans des considérations morales ou religieuses. Ça n’est simplement pas son objet.
Nous perdre dans des prescriptions morales (ce que tu DOIS faire) seraient en réalité une grave faute sur le plan épistémologique (ce sur quoi nous basons notre connaissance de la Liberté).
Il n'est donc pas question de vous dire comment vivre, mais simplement de vous révéler par la raison ce que l'on ne peut PAS faire en société (initier la violence contre autrui).
Enfin, le libertarianisme n'est pas limité à l'analyse économique puisqu'il se fonde sur la souveraineté de l’individu. Il est d’abord une philosophie du droit naturel, de laquelle nous déduisons une éthique puis une vision économique (en l’occurence, c’est l’école autrichienne qui est le plus en phase avec la propriété privée).
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❌ Erreur N°5 : "Les libertariens croient que les gens sont bons par nature."
Le libertarianisme ne débat pas de la nature humaine. Il n'en dit même rien du tout. Nous observons la réalité et en tirons des principes. Ainsi, nous admettons bien que la violence existe, qu’elle soit privée ou étatique.
Le libertarianisme ne suppose pas que “tout le monde serait bienveillant en toute Liberté”. Il propose simplement un cadre normatif basé sur le droit naturel.
Je pense que ce poncif naît aussi d'une peur du chaos, comme si l'État pouvait "contenir" une mauvaise nature de l'Homme. Bien pratique pour légitimer l'État, forcément !
❌ Erreur N°6 : "Les libertariens croient que chaque personne agit toujours de façon rationnelle."
Le libertarianisme n’affirme pas que nous agissons "rationnellement", mais simplement que chacun utilise ses ressources pour atteindre des fins subjectives (praxéologie).
L’homo economicus a été dépassé depuis longtemps par les économistes autrichiens. L'important est de reconnaître que chacun agit selon sa propre échelle de valeurs.
Enfin, rappelons que le marché permet à chacun d’apprendre de ses erreurs subjectivement constatées après action, ce qui nous encourage à les modifier pour mieux faire (et sans dépendre du capital des autres).
❌ Erreur N°7 : “La société libre est un néoféodalisme qui viendrait exacerber une guerre des riches contre les pauvres.”
Je prendrais ce poncif en deux points :
1. Les entreprises n’ont pas de pouvoir politique. Elles ne lèvent pas d’impôts, elles ne font pas les lois et elles ne détiennent pas de force monopolistique.
Leur seul "pouvoir" repose sur leur propre capacité à satisfaire les besoins des individus. L'entreprise prospère par le service, non par la contrainte.
Oubliez donc votre néoféodalisme de type coercitif. Tout pouvoir est signe d'État et les entreprises n'ont en aucun. La société libre se baserait nécessairement sur le droit privé, c’est-à-dire le droit négocié.
2. Il n’y a pas de lutte des classes au sens marxiste. L'affrontement est absent du commerce. Le marché est au contraire un espace de coopération, où les monopoles s'effacent au profit de la pleine concurrence.
D'ailleurs, la justice est réclamée pour réparer des faits objectifs d'agression, non pour "réparer des échanges volontaires". Quel arbitre pourrait bien vous servir sous prétexte que vous avez procédé à un échange ?
Nos contradicteurs pensent en marxistes et perçoivent de la violence là où il n'y en a pas. Tant que vous voyez le marché (à tort) comme un espace de prédation, vous continuerez d'empiler les poncifs à son égard.











