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Un gouvernement des juges ?
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Un gouvernement des juges ?

Encore un coup de la démocrassie !

L’actualité étant rivée sur Marine le Pen et son jugement récent, je ne pouvais passer à côté d’un commentaire de fond sur le glissement de la justice vers ce que certains appellent le “gouvernement des juges”.

Loin d’être une anomalie du système, j’aimerais vous faire comprendre qu’il n’est que la transformation attendue d’une justice rattachée à l’État démocratique, la “séparation des pouvoirs” ne changeant rien au processus.


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La démocratie ne dérive pas vers un "gouvernement des juges", elle y mène naturellement. Il est l’aboutissement de l’effacement du droit naturel au profit d'un juridisme d’État technocratique et arbitraire. Je comprends que l'on soit choqué par l’inéligibilité de Marine Le Pen, mais il serait désormais temps de se réveiller sur la réalité de notre système, qui produit exactement ce pour quoi il est fait.

Quand l’individu est à ce point soumis à l’État et que sa souveraineté est dissoute dans la machine administrative, les juges deviennent de fait les nouveaux prêtres du pouvoir. Le droit ne protège plus la propriété privée ni les contrats depuis longtemps, il ne sert qu'à fabriquer une société conforme aux desideratas du régime.

La démocratie repose sur le positivisme juridique, ce qui revient à dire que la loi sera ce que l’État décide qu’elle est. Quand il n’y a plus de norme transcendante (droit naturel/principe de non-agression), la loi devient le produit politique de ceux qui contrôlent l'appareil étatique. Ces derniers se voient alors dans l'obligation d'employer une caste d'interprètes permanents pour incarner l’illusion de la justice (juges, conseillers, cours etc).

Mais la prétendue "neutralité" de la justice d’État est une farce qui n'a que trop duré. C’est une structure d’apparence neutre, mais qui obéit à une logique interne centrée autour de la préservation du pouvoir. Or, celui-ci se caractérise par une voracité sans pareille. L'expropriation est son mode d'existence par défaut. C'est pourquoi plus la démocratie progresse et plus ses lois deviennent prédatrices auprès des masses gouvernées.

Nous vivons douloureusement la réalité d’un ordre où le droit est utilisé pour corriger la société et la faire tendre vers l'idéal décidé par ceux qui contrôlent le cadre politique. Les juges sont les petits exécutants de cette funeste mission, véritables ingénieurs du chaos cachés derrière les oripeaux de l'intérêt général. La démocratie "démocratise l’injustice" et transforme chaque tribunal en officine étatique chargée de s'adapter aux volontés politiques du moment.

Les juges sont désormais les représentants d'un nouveau clergé qui protège le système en lui conférant ce vernis de légalité suffisant pour tromper la population. Nous ne faisons donc pas face à une dérive regrettable du système : nous contemplons son oeuvre magistrale. L’État démocratique accouche de la république des juges parce qu'il portait en lui les germes de cette tyrannie positiviste dès sa naissance. Ce n’est pas un accident, c'est un destin politique.

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