Donald Trump devrait absolument revoir sa philosophie économique sur les tarifs douaniers s'il veut aider les américains, notamment les ménages peu fortunés et les petites entreprises.
1. Les basiques
Les tarifs douaniers sont des taxes sur les produits que les américains (et tous les non américains d'ailleurs) achètent auprès de producteurs étrangers. Cela concerne des biens de consommation aussi bien que des matières premières essentielles dans l'industrie.
Ils imposent donc un coût artificiel supplémentaire aux producteurs étrangers tout en pénalisant les consommateurs sur place. L’offre diminue ou se dégrade tandis que la hausse des prix pour les consommateurs devient inévitable.
2. Effets délétères
Comme Frédéric Bastiat l'expliquait déjà dans ses ouvrages au XIXᵉ siècle, les échanges permettent à chaque individu et à chaque pays de se concentrer sur ce qu'il fait de mieux.
Un pays qui produit des voitures de grande qualité mais qui ne parvient pas à produire du café aura tout intérêt à échanger ses voitures contre du café conçu ailleurs.
Les droits de douane perturbent cette dynamique naturelle en incitant à produire localement des biens et services qui auraient dû être importés, ce qui permet d'allouer notre capital à des productions où les avantages du pays sont évidents.
Par ailleurs, les tarifs douaniers encouragent les producteurs nationaux à se cartelliser par le truchement de l'État, à augmenter leurs prix et à stagner. Ils deviennent souvent dépendants de subventions étatiques au lieu de chercher à s'améliorer. Notons que ces mesures sont d'abord plébiscitées par de grands lobbys industriels qui cherchent à protéger leurs privilèges.
En bout de course, les consommateurs paient le prix fort et ont moins d'argent à dépenser ailleurs. Les droits de douane élevés favorisent aussi des modèles autarciques et conflictogènes où chaque pays préfère se reposer sur lui-même au détriment de la population et des entreprises alors même qu'il aurait tout à gagner en profitant de ses avantages comparatifs.
3. Une idée toujours défendue… et de fausses croyances
Mais certains militants, politiques et penseurs modernes essaient encore de défendre cette politique en disant que le gouvernement doit taxer les producteurs étrangers pour "protéger les travailleurs, les entreprises et les industries du territoire". Oui, le fameux protectionnisme !
Cette fausse bonne idée repose en fait sur une erreur de postulat. Les protectionnistes imaginent que le libre-échange aurait un effet destructeur sur le tissu économique intérieur. Le déclin économique et la disparition progressive de la fabrication aux États-Unis comme en Europe seraient dus au marché mondial.
Les grandes entreprises étant avides de profits, elles préfèrent toujours mettre de côté les travailleurs et/ou les biens de production américains/européens plus chers pour se reporter sur des ressources étrangères moins chères. C'est pourquoi nous devons les en empêcher, quitte à faire payer tout le monde plus cher !
Hélas, cette vision du monde part d'un faux constat et débouche sur une conclusion erronée. La désindustrialisation et l'appauvrissement ne sont pas la résultante d'une prédation des grosses entreprises. Ces phénomènes sociaux découlent du transfert forcé des profits privés vers la classe politique, de l’inflation, de l'effet Cantillon, de la corruption, des réglementations, de la fiscalité, et d'autres effets étatiques.
4. Quelques éléments de réponses aux protectionnistes
Alors certes, en taxant les produits étrangers que l'on imagine être source de notre déclin économique, nous sauverons quelques emplois sur le temps court. Mais cela se fera au prix d'une érosion du pouvoir d'achat des ménages en retour et du tissu économique local.
Les prix augmenteront pour les consommateurs, tandis que les entreprises devront licencier ou réduire leurs salaires pour survivre à cette pression induite par les tarifs douaniers. Ajoutez à cet état de fait les tensions générées avec les pays étrangers ("guerre commerciale") et vous aurez une politique idéale pour condamner aussi les exportateurs nationaux.
Un autre argument des protectionnistes est celui de la dépendance à des nations étrangères. Les tarifs douaniers seraient une arme politique pour protéger certaines industries stratégiques ou naissantes sur place. Mais c'est encore raisonner à l'envers dans la mesure où :
1. On n'aide pas les producteurs en augmentant leurs coûts, comme vu précédemment. On les aide en créant un cadre juridico-économique favorable à leur réussite.
2. C'est une manière de créer des tensions et de penser "guerre" au lieu de penser "commerce". Cette politique contraint les populations à subir des politiques qui ne feront qu'accroître les probabilité de conflits et d'escalades.
5. Le lien économique comme ciment de la paix
En fait, quand deux économies distinctes sont fortement intégrées l'une à l'autre, le coût total de la guerre entre ces deux pays devient colossal (pertes économiques catastrophiques des deux côtés). À l'inverse, plus cette interdépendance économique diminue et plus le coût immédiat d’un conflit diminue également car les échanges commerciaux se raréfient.
Les dirigeants des pays concernés auront moins de raisons économiques de s’abstenir d’entrer en guerre puisque les pertes dues à l’arrêt du commerce seraient également réduites. En fait, moins les pays échangent et plus il leur est facile de considérer le conflit comme étant une option viable. Vive le doux commerce !
6. Les tarifs douaniers, seul levier de pression ?
Dans la même idée, certains pro-tarifs douaniers nous diront qu'il s'agit d'un "moindre mal économique" et que Trump a raison de s'en servir comme d'un levier de contrôle géopolitique. L'histoire regorge pourtant d'exemples où les nations qui subissent cette politique répondent par des mesures de rétorsion.
Bien sûr que Trump mise sur l'influence de son gouvernement et sa force de dissuasion économique pour faire capituler des gouvernements étrangers. Le dernier exemple en date étant le conflit éclair face à la Colombie quant aux vols de migrants.
Mais pourquoi se servir ainsi des droits de douane alors même que le gouvernement américain aide de nombreux pays dans leur développement (via l'USAID) et assure en partie la défense nationale de nombreux autres, dont la Colombie ?
Pourquoi ne pas toucher directement au portefeuille ou menacer de se retirer militairement de ces pays ? Ne serait-ce pas un moyen plus noble de passer ce genre d'accords sans mettre en péril le pouvoir d'achat des américains et la rentabilité des entreprises ?
7. Une solution nommée Liberté !
Si vous voulez vraiment aider les producteurs nationaux/locaux (d'où qu'ils soient), il vous faudra défendre le libre marché. Créons les conditions de la richesse sur place au lieu de penser en termes de barrières artificielles et de punitions pour l'étranger.
Mettons fin à la bureaucratie, aux prélèvements obligatoire délirants, aux subventions, à l'aide publique au développement et aux financements des guerres. Surtout, abolissons les réglementations qui faussent l'économie au profit des hommes de l'État et des entrepreneurs tricheurs.
La Liberté est la meilleure des protections !











