L’éthique libertarienne de non-agression est une vérité de la raison car elle constitue la condition de possibilité logique de toute argumentation. On la découvre par une démarche d’analyse transcendantale. En effet, le simple fait d’initier une argumentation implique de manière simultanée :
- La reconnaissance préalable et réciproque de la souveraineté de chaque débatteur.
- Le renoncement à la violence durant l’échange, au profit du logos.
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Quiconque tente de nier ces faits se contredit sur-le-champ par son propre comportement. Il entre dans ce qu’on nomme une contradiction performative. Pour formuler sa contestation, l’interlocuteur devra recourir à l’argumentation plutôt qu’à la force, démontrant par son acte qu’il reconnaît la souveraineté de l’autre, et qu’il préfère le dialogue à l’agression.
Le principe de non-agression émerge alors comme une norme universelle, l’agression se révélant rationnellement indéfendable. L’éthique de non-agression est donc une propriété émergente de la raison, traduction juridique de la logique appliquée aux corps humains. Pourquoi ce besoin de logique, demanderont certains ? Parce que le droit s’intéresse aux relations humaines, et qu’en ce domaine le principe de non-contradiction reste absolu.
Une proposition éthique ne peut pas être simultanément vraie et fausse. Si un système juridique affirmait à la fois que le vol est un crime et que l’impôt est légitime, il s’autodétruirait logiquement (n’y voyez bien sûr aucune ressemblance avec notre réalité !). Nous avons besoin d’une règle universelle découverte par la raison, applicable à tous les êtres humains, en tout temps et en tout lieu. À l’inverse, toute (pseudo) éthique qui scinde l’humanité en plusieurs catégories face au droit se réduit à l’initiation de la force et aux privilèges de caste.

